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Sans ennemis, pas de politique ?

Le pouvoir politique peut-il se passer de l'affrontement radical ?

Débat politique

Politique : guerre ou dialogue ?

Aujourd’hui, j’invite les intellectuels, les hommes politiques et les citoyens tchadiens à une réflexion essentielle : peut-on faire de la politique sans ennemi ?

À travers les penseurs comme Hobbes, Marx, Schmitt ou encore Arendt et Habermas, se dessine un dilemme : la politique est-elle une lutte de pouvoir ou un espace de délibération ?

Pour bâtir une démocratie, il faut dépasser la logique de l’élimination. Structurer le désaccord, sans violence. Dans notre culture politique, l’opposition est souvent diabolisée, vue comme un danger à éliminer.

Conflit et dialogue

Le cas tchadien : entre pouvoir et violence

Avec plus de 700 000 morts liés à des conflits politiques, des dizaines de figures éliminées et l’absence de transitions pacifiques, le Tchad est prisonnier d’un schéma où le pouvoir se gagne par la force.

L’histoire politique du pays repose sur des exclusions, des trahisons, des exécutions sommaires. L’ascension au pouvoir se fait souvent par les armes ou par des compromissions douloureuses.

Comment rompre avec cette spirale ? Comment faire émerger une culture démocratique dans un pays structuré par l’affrontement ?

Violence politique au Tchad

Refonder la politique tchadienne

Il ne s'agit pas de nier le conflit, mais de le transformer. Le dissensus est sain – à condition qu’il soit encadré par des institutions solides et une volonté de débat.

Cela implique : des règles du jeu claires, une justice indépendante, un vrai pluralisme, et une culture où le vote remplace les armes. Il faut passer d’une logique d’affrontement à une culture du dialogue.

Le Tchad peut s’inspirer d’exemples comme l’Afrique du Sud ou le Rwanda pour construire une démocratie apaisée.

Il faut un leadership qui accepte la contradiction, un peuple qui revendique le dialogue, et une élite qui structure l’espoir.

Sans ennemis, pas de politique ? Peut-être. Mais sans adversaires respectés, sans débat structuré, il n’y a ni démocratie, ni avenir.